Paroles de Pie juin 2026
Salut Margot !
Ce n’est pas vraiment une carte postale que je t’envoie ce mois-ci. Davantage un gribouillage,
l’instant de quelques minutes sous un soleil de plomb. Des lignes à l’horizon, des boisements «
pleins », des « vides » agricoles et quelques habitations grossièrement surreprésentées. Mais
dans cette chorégraphie du feutre et du papier, quelque chose de produit. Comme un
chuchotement discret… voici que des petites histoires s’installent paisiblement au creux des pleins
et déliés, des anecdotes et des rires imprègnent la surface, quelques savoirs et des informations
éclaboussent par de grands traits, et des émotions surgissent au moment d’appliquer les couleurs.
Si ce gribouillage est un paysage, ce n’est pas le fait du dessin, mais parce que des fragments de
récits, des sentiments, des attachements recouvrent peu à peu le papier. Le paysage c’est grand,
c’est beau, mais c’est aussi pudique et sensible. Ce ne sont jamais des balivernes quand les gens
parlent de leurs paysages ! Et finalement, cette notion nous ramène peut-être à cette étrange
sensation : d’être vivant, sensible et d’exister au sein d’un monde qui nous accompagne.
